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Sujet : « Massacre à la tronçonneuse » de Tobe Hooper
Ajouté le : 08/05/2005 21:53
Message :
Fiche du film
Aaaahhhh Massacre à la tronçonneuse... Dès le début, on est impressionné !!! Oui, impressionné par ces images lugubres, sinistres, adroitement montées et sonorisées, qui ne sont pas sans rappeler quelques décennies plus-tard, le travail d'un Fincher avec son film Seven : même look, même dégaine, même touche...
Mais voilà, bien vite on fait le pied de grue, devant l'impassible mise en place des personnages, via leur rencontre avec un auto-stoppeur à l'attitude assez radical. On patiente, le temps que ça démarre, devinant l'influence d'un George A. Romero, et de sa nuit des morts vivants. On se morfond, on se languit...
Jusqu'à ce que l'ennui face place au malaise et à la tension : comportements inquiétants, disparitions incompréhensibles, sons curieux, famille consanguine et animaux zigouillés. Bah, ils sont bien mignons, ces jeunes beatniks. Ils sont un peu abrutis, limite crétins... Mais, ils sont bien sympas...

Survient, alors l'horreur, bestiale, névrosée, coupée et entrecoupée. Un individu hallucinant et terrorisant, Leatherface (face de cuir), boucher-charcutier anthropophage, frère lourdaud d'une famille balourde, dégaine la masse et défonce du crâne, embroche et tronçonne...
Raconté ainsi, on pourrait penser à un de ces drames d'épouvantes plutôt mauvais. A un de ces navets de série Z. Cependant, on en est loin, très loin même. Ici très peu de violence, de sang (une ou deux gouttes), d'effets spéciaux. Mais une exaltation totale, un délire furieux. Montage frénétique, acteurs hystériques, pensées morbides, humour noir, événements mortellement dangereux... Sans beaucoup de moyens, les séquences s'avèrent efficaces.
Tout comme la bande-son, Tobe Hooper s'y étant énormément investi. C'est même la grande force de ce film : percussions, hurlements d'animaux, grommellements humains, voix difformes, craquements, claquements, grésillements, stridulations, froissements, bruissements, impossible de sortir intact de cette désagréable thérapie de nos sens.
Bien entendu, on peut stigmatiser le manque de professionnalisme de certaines scènes, avec des comédiens pas vraiment talentueux, et des dialogues absurdes. On peut même s'interroger sur l'intérêt de cette barbante, cafouilleuse et répétitive première partie, et sur la brusque et abrupte fin de la seconde. Dommage car cette dernière était d'une suggestion et d'un magnétisme effrayant.

La texture des clichés très seventies, dans les sépias et les stones, peut déranger l'oeil accoutumé aux images très lustrées de notre époque, néanmoins je la perçoit comme indivisible de la matière et du sujet de ce film. Il y a un côté authentique, qui n'est pas sans rappeler les images Super-16mm.
Reste quand même que le titre apparaît plutôt inapproprié, laissant entendre une surenchère qui en fin de compte n'existe pas (cette même surenchère que certains crétins et crétines n'hésite pas à faire courir alors qu'ils n'ont jamais vu le film). Néanmoins, il ne faut pas se jouer la comédie : il y a un véritable excès dans la folie, les cris violents et persistants de la " scream queen " ou les " Vroumm, vraââm, vrrrzrzz zrz hiiiiii " de la tronçonneuse étant franchement éreintants. En cela, la séquence de la petite collation avec pépé et le marteau, laisse pantois, amenant une totale répulsion face à ce désir de vengeance. On peut également rire (de gêne) au cours des différentes scènes : Il y a terriblement d'ironie, en dépit de cette ambiance lourde et dérangeante.

Une comédie noire qui a assez bien vieilli... Et qui a fait plus qu'ouvrir la porte au cinéma d'épouvante, en lui apportant un grand nombre d'idées et en marquant son histoire. Ce qui n'est pas si mal...
Depuis, son réalisateur Tobe Hooper a réalisé le sympathique Poltergeist et le loufoque Lifeforce (si..si.. rappelez-vous messieurs... avec Mathilda May dans le rôle d'une vampire extraterrestre totalement dénudée ;o)~ et tout un ramassis de films merdiques et peu ragoûtants, tel que le tragi-comique et torboyautant Massacre à la tronçonneuse II....
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